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Vancouver

Une aventure racontée par Hélène • Le 2 commentaires

Hi there! Enfin un article canadien après plus de deux mois passés à Vancouver :) 

Deux mois de repos dans cette ville paisible, verte et aérée où nous avons eu de chouettes rencontres, mais où nos ambitions professionnelles n’ont pas eu le temps ni l’opportunité de s’accomplir… Pour nous, le temps est venu de bouger : nous sommes présentement sur le départ d’un énorme road trip sur près de 20 000 km ! Mais ce ne sera pas sans vous présenter notre petit segment de vie ici, dans cette ville que nous tenions à découvrir.

Le voyage en avion

Notre trajet Paris-Vancouver a été ponctué de deux escales. La première s’est faite à Reykjavík (et oui, encore !) où nous avons profité de 4 jours hors du temps dans une Islande enneigée et magnifique. La seconde escale de quelques heures uniquement fut à Seattle, où les douaniers américains nous sont tombés dessus à cause d’une banane équato-islandaise !

Le trajet Reykjavík-Seattle a duré près de 9 heures. Nous avons eu la chance de survoler le Groenland, la banquise et le grand nord canadien. 9 heures de paysages irréels. Si vous voulez savoir ce qu’il y a au nord du Canada : du blanc, de la glace, de la neige.

La dernière partie du voyage (Seattle-Vancouver) s’est déroulée dans un petit avion de ligne mais grand avion à hélice de l’Alaska Airline. Nous sommes arrivés plus qu’épuisés à Vancouver où nous devions encore passer par le service d’immigration, mais quel soulagement une fois le visa en poche !

Downtown Vancouver

C’est ici que l’aventure commence ! Nous avons passé une semaine dans le West End, quartier voisin du downtown (centre-ville), à deux pas de la fameuse Davie Street aux couleurs LGBT. Cette semaine fut consacrée aux balades, recherche de logement, banque et transfert d’argent, achats d’équipement électronique, bref, le classique de l’immigrant.

Le cœur de Vancouver est situé sur une langue de terre au milieu de l’English Bay et dont l’extrémité abrite le fameux Stanley Park. Comme beaucoup de grandes villes nord-américaines, le downtown concentre les immenses tours d’affaires et les rues commerçantes, quelques musées, salles de concert et bars, mais aussi deux fronts de mer au nord et au sud, un port de plaisance et même un petit aéroport pour les hydravions qui connectent la ville et l’île de Vancouver. Environ 40 % de la population de la métropole est d’origine asiatique ; on y trouve des milliers de restaurants chinois, japonais, vietnamiens, thaïlandais, malaisiens, indiens… et des Starbucks à chaque coin de rue !

La ville s’étend également au-delà de cette péninsule avec les quartiers de North Vancouver, East Vancouver et Kitsilano. Les villes limitrophes de Burnaby, Richmond, New Westminster et Coquitlam en font une métropole très étalée et résidentielle, où la voiture est de mise.

Stanley Park

Ce fameux parc urbain se situe à quelques rues du downtown et il est plus grand que Central Park à New York ! Un sentier de plus de 8 km permet d’en faire le tour sur le front de mer, mais il est également traversé par de nombreux chemins serpentant parmi la forêt de cèdres et de sapins regorgeant d’écureuils, ratons laveur et castors qui savent se faire discrets. Les gallinacés sont en revanche faciles à observer aux bords du Lost Lagoon et de Beaver Lake, un havre de paix où l’on ferait bien la sieste sous le chant des grenouilles…

Kitsilano way of life

Vancouver est la ville parfaite pour se détendre, faire du sport et des activités en plein air (randonnée, course, escalade, kayak, paddle, voile, etc.), promener son chien, manger bio-végé-vegan-sans gluten, sans oublier le yoga partout et à toute heure… et le quartier de Kitsilano est au cœur de ce mouvement !

C’est là que nous avons trouvé notre colocation dans une grande maison avec galerie et jardin, que nous partageons avec un irlandais, une française et un couple germano-suisse. L’idéal pour parler anglais tous les jours ! (et boire du whisky et de la bière, manger de la tartiflette et du chocolat)

Quartier hippie dans les années 1960, Kits s’est vite embourgeoisé devenant aujourd’hui un vrai repaire de bobo-hipster. Après y avoir vécu pendant plus de 2 mois, nous le voyons davantage comme un quartier pépère et résidentiel, aux rues fleuries jalonnées de cerisiers, à deux pas de la plage et de l’University of British Colombia (UBC), mais aussi comme un quartier au niveau de vie assez aisé, tout comme l’est en général la ville de Vancouver.

Bref, nous nous sommes mis au mode de vie du quartier : on a acheté des vélos, fait du yoga et mangé végé ! Hélène a trouvé un petit boulot dans une épicerie bio ; Baptiste a cherché en informatique, mais il n’y a vraiment pas grand chose. En effet, le marché de l’emploi est très moyen à Vancouver : il n’y a pas de réelle industrie, l’essentiel du travail résidant dans le domaine tertiaire. Cela prendrait plusieurs mois pour trouver la job idéale, mais ce n’était pas notre projet de s’investir ici dans la recherche d’emploi ; nous souhaitions d’abord profiter de ce nouveau cadre de vie.

Le Pacific Spirit Park

À deux blocs de notre maison se trouve le parc régional de Pacific Spirit. En pleine ville s’étend 874 hectares de forêt typique du Canada ouest : arbres immenses, ruisseaux, mousse et lichens. À parcourir à pied, à vélo, à cheval, et avec son chien bien sûr !

Wreck beach

Les sentiers du Pacific Spirit Park débouchent sur de nombreuses plages, dont celle de Wreck beach où les vêtements sont en option… Mais à cette période de l’année ce sont davantage des étudiants (habillés) de l’UBC qui y contemplent tous les soirs le coucher de soleil sur les montagnes de l’île de Vancouver.

Vancouver or not Vancouver?

Sea, mountain and sun

Ces deux mois nous ont permis de nous imprégner de l’atmosphère de cette ville au premier abord très agréable à vivre. Dans un premier temps le climat est séduisant : températures douces comparées au reste du pays sous la neige, pluie fréquente mais éclaircies et grand soleil tout aussi courant. Et puis la nature : parcs immenses, rues boisées, maisons avec jardin, longues plages, montagnes sauvages ; cela nous a fait un bien fou après les derniers mois hivernaux à Paris.

Immobilier et gros billets

Mais il y a un revers à cette belle peinture : le cout de la vie, of course! Car ce n’est pas donné de se loger en bord de mer, de manger bio et de payer le dog-sitter

Le fait est qu’ici l’immobilier a pété les plombs : de riches investisseurs asiatiques achètent des maisons dont le terrain peut valoir jusqu’à 3 millions de dollars ! C’est tellement énorme que beaucoup demeurent vides, un loyer ne pouvant rapporter grand chose comparé à l’achat. Il y a donc à Vancouver un gros business de la colocation, avec le pire et le meilleur. Beaucoup de personnes ne sont que de passage dans cette cité cosmopolite et étudiante, difficilement abordable pour s’y établir. S’ils ne roulent pas sur l’or, ceux qui souhaitent acheter et avoir des enfants partiront dans les villes voisines et iront travailler downtown tous les jours en voiture.

L’illusion vancouverite

Vancouver vante donc un beau cadre de vie, une nourriture saine et la proximité avec la nature. Mais à quel prix ? Il est clair que tout le monde ne peut pas accéder à ce niveau de vie : les drogués et vagabonds de la rue East Hastings en sont l’exemple le plus extrême. Et si cette ville a un gros potentiel, il n’est pas forcément utilisé à bon escient, les terrains et les ressources de la ville étant de plus en plus exploités et vendus aux riches investisseurs.

Ville verte certes, c’est son cheval de combat. Mais cette soit-disante conscience environnementale est à nuancer, Vancouver demeurant une ville du Canada : les cargos qui mouillent dans la baie, la pollution des eaux, le nombre impressionnant de voitures en ville, et l’exploitation forestière bien sûr, qui fait rage dans le nord de la Colombie-Britannique.

Vancouver est une ville fort séduisante. Toutefois, nous ne pouvons imaginer y vivre longtemps, non seulement parce que nous n’en avons pas les moyens, mais parce qu’elle est trop grande et qu’il lui manque à notre goût une âme vibrante et sincère qui la rendrait plus humaine.

Pour partir, il nous faut un carrosse…

Nous avons donc fait le choix de quitter la ville plus tôt que prévu. Ainsi, ce qui nous a pris du temps (et causé des migraines) au cours de ces deux mois, c’est bien l’achat d’une voiture d’occasion. Tout d’abord, nous avons dû louer une voiture pour aller en acheter une ! En effet, tout se trouvait en dehors de Vancouver : la ville étant très étendue, c’est une galère de se déplacer dans les banlieues en transport en commun.

Ensuite, nous avions une idée assez précise de ce qu’on voulait, mais impossible de trouver quelque chose de correct avec nos critères : état, taille, ancienneté, kilométrage, choix manuel/automatique, consommation en carburant, etc. Nous avons fini par trouver notre bonheur : une Honda CR-V. Son défaut : elle a 18 ans et 258 000 km au compteur ! Mais elle nous semble tenace, bien entretenue, et elle a du style ;) On va croiser les doigts pour qu’elle fasse 30 000 km de plus sans nous faire de misères !

Et maintenant, en route pour l’aventure ! :)

Comments 2

  1. Caroline

    Bien contente d’avoir de vos nouvelles (qui sont d’ailleurs très bien présentées !). A la maison, notre déménagement (prévu le 9 juillet) se prépare. Nous avons trouvé une maison plutôt sympa près de Poligny dans le secteur que nous aimions. Je vous enverrai des photos sous peu. Pour le reste, Marie a commencé à l’Ecole de Paris depuis le début du mois et tout va pour le mieux. Je vous embrasse, bonne route et à très bientôt !

    Caroline

    1. Post
      Author
      Hélène

      Bonjour Caroline !
      Merci pour ton message et les nouvelles. Une nouvelle vie se prépare dans le Jura :)
      Je suis extrêmement contente pour Marie, et vous souhaite à tous une très bonne continuation !
      à bientôt,
      Hélène

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