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La Californie, rêve et réalités

Une aventure racontée par Hélène • Le 4 commentaires

Le fameux rêve américain réside en Californie. Terres fertiles, soleil rayonnant, paysages multiples : déserts, montagnes, vallées, forêts, plages… mais aussi terres de succès et de fortune avec la ruée vers l’or, Hollywood, la Silicon Valley…

Voir et expérimenter le sol californien pendant quelques semaines nous a permis de nous faire notre propre idée sur cette destination très souvent idéalisée ; car sur place, le monde, la chaleur, les kilomètres, la fatigue… ont presque eu raison de nous. Mais aujourd’hui, alors qu’une année s’est écoulée et que les premiers frimas de l’hiver québecois arrivent, nous repensons avec plaisir à certains moments volés au rêve californien…

(Cliquez sur les photos pour les agrandir !)

La route 101

Depuis l’état de Washington, nous en revenons toujours à la route 101. En laissant derrière nous les terres de l’Oregon, nous sentons que les routes sont de plus en plus chargées de vacanciers.

La solitude éprouvée au Yukon va très vite nous manquer, surtout sur le plan pratique de notre voyage : ici, nous ne pouvons plus camper comme nous le souhaitons, sur les bas-côtés de routes désertes. Contraints de nous rendre dans les campings, nous peinons chaque jour à y trouver une place, tant les touristes et vacanciers américains ont investi la Californie de leurs caravanes et énormes tentes familiales pour toute la période estivale.

Mais pour le moment, au nord de l’état, les plages sont encore désertes. Un vent puissant balaie le sable fin, modelant les dunes à vue d’œil, les cormorans survolant les rochers fouettés par les vagues.

Sous les géants du Redwood National Park

La 101 serpente entre la roche et le Pacifique, puis commence à s’engouffrer parmi des arbres de plus en plus haut, dans la pénombre d’une forêt majestueuse, celle de Redwood.

S’ils nous rappellent les nombreux cèdres rouges que nous avons croisés dans la rainforest les mois précédents, les séquoias de Californie en imposent tout de même. Un calme olympien règne dans le parc ; les troncs massifs s’enchaînent à perte de vue dans le sous-bois.

San Francisco s’éveille

Notre voyage se poursuivant au jour le jour, nous n’avons pas le temps ni les moyens de nous trouver un hébergement dans la ville de San Francisco qui commence à s’annoncer au-devant. Tant pis, nous campons à quelques kilomètres, dans un camping surchargé et crado où l’on daigne nous faire une petite place pour notre tente minuscule…

Nous prenons la route dès l’aube, et le Golden Gate Bridge ne tarde pas à apparaître derrière les collines.

Les brumes emblématiques de la cité se retirent rapidement, et c’est une journée ensoleillée que nous passons dans les rues pentues des quartiers Castro et Mission, sur la pelouse grillée du parc Alamo, dans les bus le long de Chinatown, sur les quais du port squattés par les otaries qui se dorent la pilule, les murs d’Alcatraz scintillant dans la baie.

Mais rapidement la ville nous étouffe, le monde nous oppresse. Nous quittons « Frisco » en fin d’après-midi pour filer vers l’intérieur des terres, en direction du parc Yosemite.

Yosemite National Park, le fameux

Si nous avions déjà vu des signes de la sécheresse avec les feux de forêt de Colombie-Britannique et l’herbe jaune de l’Oregon, les collines de la Sierra Nevada n’y échappent pas. L’herbe y est grillée, les arbres chétifs et les cours d’eau semblent diminués.

En arrivant à Yosemite, les contreforts du parc fétiche de John Muir commencent à nous impressionner de leur teinte grisonnante particulière : cendré, vert-de-gris, rosée… Crescendo, les montagnes se font imposantes et nous débouchons dans la vallée.

Si le massif impose un calme reposant, la route qui y serpente est grouillante de touristes. Nous découvrons vite qu’il n’est pas aisé de se déplacer librement dans le parc, une seule voie étant possible, débutant à l’entrée du parc jusqu’au centre d’information touristique et ses parkings. Ici, et partout ailleurs dans les parcs nationaux américains, les visiteurs sont sous contrôle : on observe mère nature depuis la route, on réserve les randonnées, on plante sa tente dans l’espace prévu à cet effet, on paie, on suit la masse du troupeau, on reste dans les clous…

Nous qui aimons sortir des sentiers battus, nous nous écartons de la foule dès que possible pour profiter d’El Capitan, du Half Dome, et des belles couleurs du massif qui nous entoure.

Nous nous échappons du parc par le versant sud-est, traversons les collines de la ruée vers l’or, puis redescendons dans la vallée en direction de la côte. Les magnifiques McDo et Starbucks de Fresno sont nos étapes pour un peu de wifi ou de climatisation, la chaleur dans cette cuvette californienne étant de plus en plus étouffante.

Santa Barbara, chill

Avant Los Angeles, nous faisons une étape à Santa Barbara, ville balnéaire riche et branchée. Nous dénichons la place idéale où prendre un brunch tendance et locavore, puis déambulons dans les rues ensoleillées jusqu’à la plage. Sous les palmiers, se mêlent au sable clair des algues odorantes et des grumeaux de la dernière marée noire qui nous feront rechigner à faire trempette.

Santa Barbara est comme une ville à part, relativement calme, particulièrement lumineuse. Dans l’arrière-pays, nous paressons en terrasse d’un boui-boui aux allures mexicaines en bord de route, puis trouvons un coin tranquille où dormir dans les collines.

Los Angeles, la ville entre les autoroutes

Et voilà la Cité des Anges. Métropole tentaculaire s’étendant à perte de vue, nous avons surtout expérimenté la ville par ses larges autoroutes qui la traversent de tous les côtés.

Nous nous arrêtons dans un premier temps dans le coin de Venice Beach et tentons pendant quelques instants de trouver un hôtel à la dernière minute. Évidemment, nous laissons rapidement tomber et préférons nous balader dans le quartier où semble se dérouler éternellement le petit théâtre d’une station balnéaire. D’un côté les rues étroites et calmes où les claquements des tongs résonnent entre les murs blancs ; de l’autre côté le front de mer fortement achalandé, fou-fou et m’as-tu-vu.

Nous reprenons la bagnole pour conduire sur Sunset Boulevard, y prendre un verre et admirer la fresque réalisée pour l’album du musicien Elliott Smith. L’ambiance est détendue en ce début d’après-midi.

Quelques boulevards plus loin, nous faisons quelques pas sur le Hollywood Walk of Fame. Le trottoir est moche, les étoiles des vedettes inconnues au bataillon, sans intérêt ; nous rebroussons chemin.

De nouveau, notre overdose du bruit et de la foule commence à montrer le bout de son nez. Nous serpentons quelques temps dans les rues boisées de la colline où nous entrapercevons les fameuses lettres blanches entre deux maisons cossues. Puis nous quittons L.A., direction le désert.

Le désert

La sensation de s’enfoncer à l’intérieur du continent, de s’éloigner de l’océan en direction de Montréal, à plus de 4 500 km, est assez excitante mais aussi angoissante. Car, tout autour de nous, c’est un soleil de plomb, un sol caillouteux où ne poussent que des touffes d’herbes éparses et des arbustes riquiquis. Mais nous ne sommes pas seuls : sur l’autoroute qui file dans les terres, se multiplient les camions, pick-up, motos et autres gros chars, qui tous semblent n’avoir qu’une destination : Las Vegas.

La Vallée de la Mort était au programme, mais en plein mois de juillet, il se révèle vite que ce n’est pas l’idéal ni le plus sage. Après un plongeon bienvenu dans la piscine du camping privé où nous avons fait halte, c’est donc vers les parcs de l’ouest que nous filons, vers le Nevada, l’Arizona et l’Utah. Au-revoir la Californie !

Comments 4

  1. Pascale Jousseaume

    Bonjour Hélène,
    Tes photos sont magnifiques comme d’habitude !!! Une petite préférence pour celle des séquoias de Californie.
    Biz
    Pascale

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