Le nord et le lac Mývatn

Une aventure racontée par Hélène • Le Pas de commentaire

En choisissant de faire le tour complet de l’île, nous avions en-tête de passer quelques jours dans le coin du lac Mývatn, une région qui offre un panel presque complet de la diversité des paysages volcaniques islandais. 

To the North

Munis de notre pass Full circle de la compagnie Sterna, nous avons quitté Reykjavík en début d’après-midi pour environ 6 à 7 heures de route jusqu’à Akureyri, la deuxième ville islandaise la plus peuplée, située au nord de l’île. Pendant ces quelques heures, nous avons été émerveillés par la beauté toujours changeante des paysages : des plaines des bords de mer aux landes de roches volcaniques recouvertes de mousse, jusqu’aux fjords époustouflants de la côte nord.

Nous avons entraperçu l’océan arctique à l’occasion de notre bref passage à Akureyri, le voilà tout au fond !

Les chutes de Goðafoss

Nous avons quitté Akureyri tôt le lendemain matin pour continuer notre route jusqu’au lac Mývatn. Sur le chemin, le bus s’est arrêté une petite heure sur le site des célèbres chutes de Goðafoss. Goða = les dieux, foss = les chutes. Elles portent ce nom en référence aux idoles nordiques qui y ont été jetées en l’an 1000 par le chef et homme de loi Þorgeir Þorkelsson, suite à la décision du parlement d’adopter sous son initiative la religion du christianisme.

Ce sont de belles chutes, comme il en regorge partout en Islande. Oui, nous avouons peu nous extasier devant les chutes d’eau… notamment parce que les nombreux touristes qui mitraillent la vue gâchent un peu l’affaire. Et puis ce n’est que de l’eau qui tombe, non ? :D

Le lac Mývatn

Nous sommes arrivés à Reykjahlíð, au bord du lac Mývatn, en milieu de matinée et y avons installé le campement pour 3 jours. Mývatn, « le lac des mouches », ça donne envie !

Nous avons choisi le camping situé en hauteur, sur le flan d’une colline, plutôt que celui situé vraiment aux abords du lac. Bon choix, car nous avons réalisé plus tard que cela nous a permis d’être relativement peu embêtés par les fameux moucherons. De toute façon, ces bébêtes ne piquent pas, elles ont juste très envie de renifler nos yeux et nos narines de très près, et ce entre 10h et 12h, et 17h et 19h très précisément…


Sur le plan pratique, Reykjahlíð dispose d’une supérette (assez chère car en situation de monopole dans le coin, comme c’est le cas pour beaucoup de sites touristiques) et d’une piscine (indispensable pour tout village islandais).

Première randonnée islandaise

L’envie de nous dégourdir les jambes, et surtout de marcher au milieu de ces paysages que nous admirions depuis déjà plusieurs jours, était plus forte que jamais. Nous voilà donc partis peu de temps après notre arrivée pour une randonnée de quelques heures dans les formations volcaniques de Dimmuborgir, jusqu’au cratère de Hverfjall.

Sur le chemin, on passe à côté de Grjótagjá, des grottes abritant des sources chaudes surmontées par une faille rocheuse. Un nouvel endroit marquant la rencontre des plaques eurasiennes et américaines !

Le volcan de Hverfjall n’est pas vraiment un volcan… mais un cratère résultant d’une seule explosion, il y a 2500 ans, sur le système volcanique de Krafla, le big boss du coin. Le cratère fait plus d’un kilomètre de large et offre un magnifique panorama sur la région du lac Mývatn.

Les sources chaudes

Au retour, nous empruntons un second chemin qui nous emmènent jusqu’aux bains naturels de Jarðböðin. C’est là que nous testerons pour la première et unique fois le bain dans les sources chaudes islandaises. En effet, s’il est toujours fort plaisant de faire trempette dans de l’eau à 38°, nous trouvons les nature baths chers (14 €, avec une réduction) et remplis de touristes… Faire tout ce voyage pour admirer les montagnes islandaises tranquillement allongé dans l’eau chaude, et se retrouver entouré de diatribes sur la Sécurité sociale et les assistés dans un français bien fort, comment dire, non merci !

Décidément, notre coup de cœur ira aux piscines, moins peuplées, peu chères (3 €), propres et bien organisées, disposant d’un choix de plusieurs bains à différentes températures et d’une clientèle sinon autochtones, au moins discrète.

Voici le chemin que nous avons emprunté pour nous rendre aux sources chaudes.

Nous n’avons pas de photo des sources, en voici donc une réalisée par Erik-Jan Vens.

La journée vélo et Nature fee

Cette journée là fut une dure journée…

Après s’être reposés le lendemain de notre randonnée sur le cratère Hverfjall (repos, cartes postales, piscine), nous avons vu les choses en grand et nous sommes planifié une journée de randonnée, en vélo et à pied. Je ne suis personnellement pas une as du pédalage, ce fut donc pénible, car l’Islande ça monte et ça descend à tout va… Nous avons dû faire en tout presque 15 km à vélo, et 6 à 7 km à pied sur les sites que nous avons laborieusement atteint.

Les solfatares à Hverir

Dans un premier temps, nous sommes allés sur le célèbre site de Hverir, où l’on trouve les solfatares et les marmites de boues sulfureuses et acides qui blopblopent, parfumant l’air d’une charmante odeur d’œuf-plus-que-pourri ou de prout, au choix. Si cela sent souvent le souffre un peu partout en Islande (à proximité de l’eau, que ce soit sous la douche, à la piscine ou en pleine nature), à Hverir l’odeur est particulièrement insupportable et nauséeuse.

Nous avons donc vite décider de nous en éloigner et de faire une petite randonnée d’une heure ou deux sur la montagne d’à côté, le Námafjall. La montée en était abrupte (l’islandais n’a que de vagues notions du sentier en lacet), le vent soufflait fort au sommet, et quelques joyeux solfatares nous attendaient dans les recoins. Nous sommes donc assez vite redescendus, sans pour autant admirer la vue, toujours magnifique.

Le Mordor à Leirhnjúkur

Voici un autre site très visité dans la région du lac : le Leirhnjúkur, un volcan encore actif (comme presque tous les volcans islandais). C’est après huit bons kilomètres, notamment de montée…, que nous avons atteint ce site proche de Krafla. Marmites de boues et fumerolles sont encore au rendez-vous, mais surtout d’étonnants champs de lave plus ou moins récent. Les roches volcaniques noires sont les plus jeunes et datent d’une série d’éruption des années 1970 et 1980.

« Nous sommes loin de la Comté M’sieur Frodon. »

La Nature fee

Mais qu’est-ce que la Nature fee ? La Nature fee est notre déception du voyage… comme son nom l’indique, il s’agit d’une taxe « pour la nature ».

Après avoir essuyé de durs kilomètres à vélo, nous avons eu la désagréable surprise de devoir payer une entrée sur les deux sites de Hverir et de Leirhnjúkur, à chaque fois bien entendu, soit 800 ISK par personne et par site (5,20 €), sans oublier les frais bancaires, car nous n’avions pas de liquide. Une barrière en ficelle, un petit tourniquet, une caravane et un jeune gars équipé de son terminal bancaire, et hop ! payez !

Si l’on comprend tout à fait qu’il faille entretenir ces sites naturels et les préserver des millions de visiteurs qui viennent les piétiner chaque année, cette taxe nous est restée en travers de la gorge. Tout d’abord, les leçons d’écologie de la part des islandais, on s’en passerait bien : ce n’est pas parce qu’un pays a une nature sauvage qu’il est écolo, regardez le Canada… Les islandais disposent certes d’une source d’énergie naturelle fort chouette, ils n’en ont pas moins plusieurs voitures par foyer ou par personne, ils mangent beaucoup de burger, hot dog, poissons, moutons, etc., et ils vendent l’exploitation de leurs ressources à des entreprises américaines, sans oublier la chasse à la baleine… Bref, tout n’est pas rose en Islande, même si Björk s’efforce de défendre nombre de causes environnementales.

Mais revenons à la Nature fee ! Ce qui nous a déplu, outre l’hypocrisie écologique, c’est aussi l’aspect tout nouveau de ce procédé : cru 2014 ! On arrive ici après nombre de kilomètres et on se retrouve devant le fait accompli, on ne va pas faire demi-tour quand même ! En plus nous arrivons à vélo, et on nous parle de taxe pour la nature à côté de tous les 4×4 alignés sur le parking… excusez mais on se moque de nous un peu, non ?

Mais ok, acceptons, payons… juste une dernière chose : c’est un peu perfide de leur part de faire payer à chaque site. Les lieux sont proches les uns des autres et ils sont quasiment sûrs que les touristes vont enchaîner les visites… Money money money…

Vous l’avez compris, on a été un peu déstabilisés et saoulé à la fin de cette journée : nous venions de découvrir le rapport malsain des islandais avec l’argent, surtout vis-à-vis des touristes. Attendez-vous à être considéré comme un distributeur automatique, et à payer des choses qui l’année précédente étaient gratuites (nous reparlerons des questions pécunières dans un article sur le budget).

Haut les cœurs !

Mais terminons sur une note plus joyeuse !

La région du lac Mývatn est vraiment très diversifiée, nous n’en avons vu qu’une petite parcelle, en raison de notre absence de véhicule personnel mais aussi parce que nous ne devions pas tarder à prendre la direction du sud pour le trek.

En tout cas, c’est là que nous avons vu le plus de paysages volcaniques divers et variés. Les solfatares ne vont pas nous manquer, c’est ce que nous avons le moins aimé en Islande (et la Nature fee, mais passons). À notre goût, le lac Mývatn manque de fjords et de glaciers ! :D

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